Je ne veux pas être étiquetée.




La présence de poisson dans ma prochaine recette en surprendra probablement plus d'un. Le fait est que je n'ai jamais réellement expliqué ma façon de penser par rapport à la consommation de viande et pourquoi mon site est à forte prédominance végétalien. 

Je n'ai jamais été une grande consommatrice de viande. Je mangeais beaucoup de charcuteries étant jeune mais les grosses viandes ne m'ont jamais attirée. De plus, dès que je voyais la forme de l'animal ou du sang (bien que je sais maintenant que le liquide rouge dans le fond des paquets de viande n'est pas du sang mais bien du colorant pour donner l'illusion d'une viande fraîche...), je ne pouvais pas le manger. Mon père achetait des poissons entiers et leur coupait la tête et les évidait, j'en pleurais chaque fois. Le principe du méchoui m'a toujours levé le coeur, les poulets entiers, les énormes dindes à Noël, etc. 

C'était pas mal la même chose pour le lait. Ma mère me forçait à en boire et je n'acceptais que le lait écrémé, qui rendu là est du lait très, très dilué. Ça n'a donc pas été une grande perte pour moi. Avec mon chum nous achetions parfois des oeufs mais en bout de ligne nous en jetions minimum 4 ou 5 sur le carton après avoir utilisé les autres pour des recettes. 

Quand nous avons réellement décidés de couper DRASTIQUEMENT notre consommation de viande et de ne plus acheter de produits laitiers (mis à part le fromage, c'est mon péché), ça été beaucoup moins difficile que ce à quoi je m'attendais. Je ne connaissais pas la réalité des abattoirs, je ne connaissais rien de la vie des animaux d'élevage et des élevages en batterie. Je n'avais tout simplement pas fait l'effort de m'informer en fait. J'ai été choquée, réellement. J'ai pleuré, j'ai fermé les yeux à plusieurs reprises, j'ai eu de la rage, de la haine pour notre société qui pense au profit avant le bien-être animal, qui pense au cash que cela leur rapportera plutôt que de penser à notre santé, à notre planète.

Les statistiques sur les effets des élevages intensifs sur la planète sont effrayants. Les pets des vaches sont responsables de plus de gaz à effet de serre que toutes les voitures de la planète réunies. Nous savons maintenant que les charcuteries et les viandes rouges ont une incidence sur le nombre de cancers, que consommer trop de lait est une cause de l'ostéoporose alors que l'on tente de nous faire croire qu'un verre de lait c'est bien mais deux c'est mieux. 

Saviez-vous que la pasteurisation détruisait le calcium dans le lait et que notre lait est donc enrichi en calcium, au même titre que le lait d'amandes par exemple? 

Saviez-vous que le fromage contient de la caséine, une protéine du lait qui se transforme en casomorphine et envoie au cerveau un message d'addiction?

Saviez-vous que tous les poussins mâles dans les élevages de poules pondeuses sont broyés vivants ou tués étouffés dans des sacs plastiques parce qu'ils ne servent à rien? 

Saviez-vous que les becs des poules à chair sont trimés à vif pour ne pas qu'elles se blessent entre elles? Que les vaches sont inséminées artificiellement, puis séparées de leur veau à quelques heures de vie pour être surstimulées pour produire plus de lait, au risque de faire des mastites à répétition, puis tuées au quart de leur vie? ( Oui je sais, ce n'est pas comme ça partout). 

Saviez-vous que les effets nocifs des cigarettes sont testées sur de petits singes ou des chiens? Que les doudounes en plumes d'oie ou les manteaux de vraies plumes proviennent du déplumage à vif, c'est-à-dire qu'ils arrachent les plumes directement sur le dos des pauvres oies éveillées?

Je ne le savais pas non plus. Lorsque je l'ai su, tout a changé dans ma tête. 

Je ne suis pas et ne serai jamais abolitionniste. Je n'embarquerai jamais dans le discours de certains vegans selon lequel nous sommes herbivores à la base. Je crois personnellement que nous sommes omnivores opportunistes. Il fut un temps où nous n'avions d'autres choix que de consommer de la viande puisque les terres gelaient l'hiver et que plus rien d'autre n'était accessible. 

Il y eu également une époque où le lait de vache sauva plusieurs milliers de bébés, lorsque les mamans ne pouvaient pas allaiter. PAR CONTRE, à notre époque où tous les substituts aux produits laitiers existent et sont accessibles, où les fausses viandes et les sources de protéines végétales pullulent, la seule raison qui persiste pour manger de la viande est le goût et, par le fait même, l'égoïsme. 

Avant de me faire lancer des roches, je précise que j'ai recommencé à manger de la viande à l'occasion. Je considère par contre très important de faire les bons choix en tant que consommateur. Acheter de la viande locale et biologique, idéalement connaître le producteur ou la ferme d'où cette viande provient. Aujourd'hui j'ai fais des pâtes avec du saumon fumé de Charlevoix. Je consomme également encore du fromage, mon addiction à la caséine étant extrêmement forte. 

Je crois surtout à une diminution drastique de la consommation de viande et de produits laitiers. Je crois aux petites fermes locales, à la chasse et la pêche, au respect des animaux. Je fais une prière lorsque je consomme de la viande ou du poisson et je remercie l'animal qui me nourrit. Pour certains cela doit paraître très contradictoire mais c'est ma façon de penser. Au même titre que j'achète des produits vegan et non testés sur les animaux ou que je les fais moi-même. 

En fait ma façon de voir les choses est '' Si je peux le tuer de mes mains, je me donne le droit de le manger''. Je peux pêcher de mes mains. Je ne pourrais pas tuer une vache. Je ne mange donc ni boeuf ni bacon (oui je sais, c'est du cochon ;) ). Et très honnêtement, au risque de choquer, j'ai moins de compassion pour un saumon que pour une vache. Je n'achète pas et n'achèterai plus jamais de crevettes du Vietnam en raison de l'esclavage dont elles sont responsables et si je fais le choix d'acheter des crevettes ce sont des petites crevettes de Matane. 

Alors voilà. Il y a certaines choses que je n'achèterai plus jamais. Cela fait deux ans que nous n'avons acheté ni lait, ni crème, ni beurre, ni oeufs, ni yogourt. J'admets consommer du saumon et du thon et disons une fois par année nous nous faisons un tartare de boeuf avec de la viande locale et bio. 

À côté de cela je fais la majorité de mes produits maison, toute ma nourriture est sans agents de conservation, sucre ajouté ou additifs alimentaires. Je fais mes produits nettoyants sans produits au nom étrange et sans émanations toxiques, j'essaie de réduire le plus possible mon empreinte écologique et d'éviter le gaspillage alimentaire. 

Je ne suis pas parfaite. Je ne suis pas extrême. Je ne veux pas qu'on m'étiquette. Je veux simplement faire les choix qui me semblent les plus logiques et les plus sains pour ma famille et ma planète. 

Il y aura toujours des détracteurs pour venir dire que je n'en fais pas assez, que je ne suis pas cohérente, que je me mets la tête dans le sable de croire que de la viande bio est mieux qu'une autre. Je suis assez informée pour savoir ce que je fais et pour prendre mes décisions en toute connaissance de cause. Et je suis bien dans mes décisions.

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